FINANCER VOTRE START-UP AU FIL DE SA RÉUSSITE

Le cycle de vie de votre entreprise dépend de comment vous financer votre start-up. WAI vous explique comment amener votre start-up à maturité.

Le cycle de vie de votre start-up est comparable au cycle de vie de n’importe quel produit. Le cycle de vie du produit, que vous devez tous connaître, regroupe l’ensemble des étapes par lesquelles passe un produit de sa mise en place sur le marché jusqu’à sa sortie. De la même manière, le cycle de vie d’une start-up regroupe l’ensemble des étapes par lesquelles elle passe de l’idée de sa création à sa sortie du marché.

financer votre start-up

Bien que le cycle de vie d’un produit standard ne se compose que de 4 phases, sa durée totale et la durée de chaque phase est dépendante de la stratégie entrepreneuriale appliquée, et de la nature du produit. Pour une start-up, c’est généralement le financement qui influe le plus sur la rapidité de développement de cette dernière. Et à chaque phase vous débloquer un ou plusieurs types de financement. Il ne vous viendrait pas à l’idée d’aller présenter votre start-up en bourse si vous n’avez entre les mains qu’un prototype ? C’est logique. Plus vous avancez dans le développement de votre entreprise, plus vous avez de la crédibilité, et plus vous pouvez cumuler les différents types de financements.

Sachez qu’il existe des règles à respecter pour chaque phase que votre start-up traversera. WAI vous aide à comprendre dans quelle phase vous vous situez, et quel type financement est fait pour vous.

 

Phase 1 : L’idée

Chaque start-up est née d’une idée (aussi folle soit-elle). Que vous ayez créé des chaussures comestibles, ou un robot capable d’opérer des êtres humains, la règle est la même pour tous. Avant de vous lancer tête baissée dans la production, vous avez du boulot ! C’est dans cette phase que vous allez faire fleurir, évoluer votre idée à l’aide d’études de marché, d’audit, de sondages… et autres méthodes d’analyse. Le but étant de créer un produit qui plaise, et qui réponde un maximum aux attentes de votre cible. Mais cette phase n’est pas gratuite, et peut même s’avérer être très coûteuse.
Pour financer ces études, plusieurs options s’offrent à vous.

La première, vous avez de la chance, et vous avez une épargne suffisante pour couvrir vos recherches. Tant mieux pour vous, mais il faut avouer que ce cas de figure n’est pas le plus courant.

Deuxième option, vous pouvez vous faire prêter de l’argent. Le premier prêteur auquel nous pensons tous est la banque. Sachez que beaucoup de banques proposent des crédits spécifiques à ce stade avec un taux de remboursement très bas.

Mais il y a également un autre prêteur qui, en principe, ne vous demandera pas de garantie ou de caution personnelle si vous partez de zéro. Appelés affectueusement “Love Money” dans le secteur, vos proches peuvent aussi vous soutenir. Chacun participe en fonction de ses moyens, mais c’est déjà un premier apport non-négligeable. De plus, votre famille et vos amis sont souvent vos premiers supporters. Vous aurez moins de mal à les convaincre, car ils sont plus facilement conditionnés pour croire en vous et en votre projet.

Phase 2  : L’amorçage

À cette étape, vous commencez à entrer dans le dur du projet. Vous créez votre entreprise. Vous lancez la production des prototypes, et vous effectuez une batterie de tests pour être sûr que votre produit fonctionnera sur le marché.

À cette étape, les fonds à lever augmentent proportionnellement à l’ampleur du projet. Cette levée de fond, appelé aussi le “seed”, représente en moyenne 200 000€ en France. On appelle aussi cette phase la vallée de la mort. C’est à ce moment que vous allez savoir si oui ou non votre projet est viable.

En effet, chaque jour, votre budget est grignoté un peu plus. Le but du jeu est de trouver une solution convaincante avant que l’enveloppe budgétaire soit vide. Pour survivre et pour pallier cet important besoin financier, vous allez devoir trouver de bons alliés.

C’est à ce moment-là que vous allez pouvoir vous tourner vers les aides gouvernementales, les fonds d’investissement et les business angels.

Les aides gouvernementales

Elles sont attribuées par les collectivités territoriales, les organismes publics, les pépinières, et autres incubateurs publics rattachés à des universités et des centres de recherche. Elles vont soit vous apporter une aide financière directe, soit vous mettre en relation avec des prêteurs qui ont une capacité de créance importante. Pour accéder à ces aides il faudra dans la plupart des cas déposer un dossier et/ou participer à un concours. Par exemple, le concours BPI I-Lab récompense chaque année la création d’entreprise innovante en offrant au vainqueur jusqu’à 600 000€ d’aide financière. En parallèle, les incubateurs régionaux comme le  WILCO en Ile-de-France, proposent également des prêts d’honneur à 0% pour les entreprises sélectionnées. Pour certaines activités, vous pourrez bénéficier de programmes spéciaux, comme le Fonds French Tech Seed, opéré par la BPI, pour les start-up de la DeepTech.

Mais nous préférons vous prévenir tout de suite, la concurrence pour ces aides est rude. Et les démarches sont longues. Vous devez avoir un dossier béton pour être éligible à ces financements.

Les fonds d’amorçage

Les fonds d’amorçage font la paire avec les business angels.  Ce sont eux qui vont permettre à votre entreprise de faire un premier tour de table. Ils vous permettent de récolter entre 100 et 500 000 € pour votre projet. Mi public, mi privé on les appelle aussi les fonds de capital-amorçage semi-publics. Ce sont des professionnels qui gèrent ces fonds et qui conseillent l’entreprise financée ce qui les différencient des business angels ou du love money. Ok, mais alors d’où vient l’argent ? C’est un mélange entre actionnaires publics (Etats, régions…) et privés (banques, assureurs). Ils privilégient la proximité en soutenant des entreprises appartenant à leur zone géographique pour soutenir l’économie locale. Souvent, les fonds d’amorçage nationaux succèdent aux fonds régionaux dans les tours de tables (levées de fonds). Les fonds d’amorçage interviennent avant les capital-risqueurs (voir ci-après).

Les business angels

En deuxième possibilité, vous avez les business angels. Ce sont généralement d’anciens entrepreneurs, des cadres dirigeants, ou tout simplement des “riches”. Ils investissent dans vos start-up pour bénéficier d’une défiscalisation, ou par goût de l’aventure. Vous devrez les convaincre, et les intégrer dans votre projet. Le business angel joue souvent le rôle de mentor ou de coach. Il met à disposition son carnet d’adresses, son expérience et ses compétences. Mais ce n’est pas sans contrepartie. Contrairement aux aides gouvernementales, il demande souvent d’entrer dans le capital de la start-up pour pallier le risque pris et pour espérer un retour sur investissement. D’autres peuvent se contenter d’un remboursement échelonné, mais la négociation n’est pas chose facile. Comme on dit, “on a rien sans rien”.

Phase 3 : La croissance

On peut dire que le plus dur est derrière vous à cette étape. Votre produit est entré en production à échelle commerciale, et vous commencez à recruter.
Mais plus votre entreprise va grandir, plus le montant des investissements vont grandir aussi.
Plus vous souhaiterez aller vite, mieux vous devrez vous entourer. Vous allez rechercher des partenaires de route. Au poste, trois profils candidatent :

Les actionnaires

Mot des grandes personnes utilisé pour définir une situation où un entrepreneur va ouvrir son entreprise au public. Les actionnaires peuvent être internes lorsqu’ils ont un lien personnel et professionnel direct avec l’entreprise (familial, salarié) ou externes dans tous les autres cas (particulier, institutionnel, industriel et public). L’actionnariat le plus courant émane des particuliers (environ 4 millions d’actionnaires appelés « petits porteurs »), et des entreprises à travers les fonds d’investissements sectoriels par exemple. Dans les faits, vous allez diviser le capital de votre entreprise. Donc plus vous le divisez plus vous levez de fonds. Mais plus vous divisez votre capital, moins vous avez de pouvoir de négociation, et plus vous dépendez des volontés de ces actionnaires.

Les créanciers

Personnes physiques (particuliers) ou morales (entreprises) qui apportent leur aide financière à une société en développement en échange du paiement des intérêts. Ils n’interviennent donc pas dans la gestion de votre entreprise, mais c’est un financement qui “coûte” plus cher au final.

Les fonds d’investissement

Les fonds d’investissements sont des entreprises publiques ou privées qui investissent une part de leur capital dans des projets correspondant à leur domaine d’activité. Ces financements peuvent alors vous servir au lancement de votre société (ils sont alors appelés « capital risque » ou Venture Capital – VC) ou pour financer son développement (appelés « capital-développement« ). Il en existe des sectoriels, d’autres sont régionaux et de plus en plus de grands groupes investissent très directement dans de jeunes pousses : c’est le Corporate Venture Capital (CVC).

Phase 4 : La maturité

Ca y est ! Votre produit marche, les consommateurs adhèrent et adorent votre concept, tout se passe bien dans le meilleur du monde … Et pourtant, vous avez gagné une bataille, mais vous n’avez pas encore gagné la guerre. Chaque réussite est enviée, et peut être volée si vous ne vous armez pas contre la concurrence. Un produit ne peut rester le même ad vitam eternam. Pour rester n°1, vous devez innover et protéger votre produit. Entre brevets et investissements en recherche et développement : il vous faut encore (je vous le donne en mille) un financement.
À ce stade vous allez avancer step by step.

Première étape : la série A

Tout d’abord, la série A va vous pousser à aller démarcher les business angels les plus fortunés, ou de nouveau les fonds d’investissement en capital-risque des sociétés privées, ou des corporates (grands groupes). Ils investissent dans les projets innovants à fort potentiel. Mais avec eux, pas le temps de papillonner. Vous êtes soumis à un objectif de croissance élevé. Ils vous permettront de lever les premiers millions (entre 2 et 5 en moyenne).

Deuxième étape : la série B

Non, ce n’est pas la dernière voiture de luxe à la mode, c’est donc la deuxième étape du processus. Vous ne pouvez vous y lancer qu’une fois en phase de croissance. Les investissements des VCs sont multipliés par 10 (10 à 20 millions en moyenne). Vous devez grâce à cet investissement acquérir une part de marché incontestable. Mais en contre-partie, c’est souvent à cette étape que vous perdez la majorité absolue.  La série B peut être suivie d’une série C puis d’une série D au fil des années.

Phase 5 : La sortie

Que se passe-t-il après avoir côtoyé les étoiles ? Quels sont les scénarios possibles une fois que votre start-up est devenue l’entreprise n°1 sur le marché ?
C’est simple, soit vous décrochez la lune, soit vous retombez sur Terre. Le risque une fois qu’un produit est en haut, c’est qu’il entre en phase de déclin.

C’est à ce moment que vous vous posez le plus de questions. Dont un dilemme particulièrement cornélien : vendre ou entrer en bourse ? Continuer l’aventure ou quitter le jeu au bon moment ?

L’IPO (initial public offering) ou introduction en bourse, est le graal pour beaucoup d’entrepreneur. En effet, c’est une reconnaissance importante dans le monde entrepreneurial, et elle n’arrive pas avant la cinquième année minimum. Vous passez du statut de start-up au statut d’entreprise. Mais vous vous rendez souvent compte que cette entreprise est très éloignée du modèle de départ.

Il y a alors une autre porte de sortie possible : vendre avant le déclin.  La société qui rachète récupère le risque, et vous touchez généralement un beau capital. Vous pouvez alors : soit rejouer, soit vous retirer.

 

En conclusion, c’est là toute la beauté du jeu de l’entrepreneuriat à  travers ses batailles, ses victoires, et ses déceptions. Mais chaque pas qui vous rapproche de la réussite vous prouve que le chemin parcouru en vaut la chandelle. WAI vous souhaite bon courage dans votre parcours !